LE TUFFEAU ET LES CARRIERES HELECINOISES PAR HELERACINES
Héléracines - Le Tuffeau et ses carrières Hélécinoises
Aussi appelée parfois pierre de Linsmeau, le Tuffeau est cette pierre tendre de teinte jaunâtre à grise, emblématique de l’architecture traditionnelle des villages d’Hélécine et de ses environs, où il fut extrait localement. Teintée de fossiles, cette pierre était le reflet de la présence de la mer en cette région il y a 60 à 70 millions d’années. Facile à travailler mais de qualité relativement médiocre comme pierre à bâtir en raison de sa faible résistance et de sa forte friabilité, il fut néanmoins largement utilisé depuis l’Antiquité, notamment dès l’époque gallo-romaine. Pour compenser sa fragilité, il était souvent associé à des matériaux plus résistants tels que la brique ou le silex. Son emploi connut un essor particulier aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, tant dans la construction des habitations que dans la réalisation de fours, profitant de ses excellentes propriétés isolantes et réfractaires. L’extraction, restée artisanale et locale, n’atteignit jamais une échelle industrielle. Les carrières et puits ouverts à cet effet ont aujourd’hui disparu, rebouchés et rendus aux cultures, laissant peu de traces visibles dans le paysage.
Plusieurs carrières de tuffeau ont existé sur le territoire de la commune, avec des dimensions et des degrés d’exploitation variables. L’une des plus connues se situait à la sortie de la rue Haute Pierrée, à l'entrée des champs. Exploitée aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, elle fut ouverte par Ignace Lorent (1857–1907), originaire d’Hampteau. Entrepreneur habile, il contribua à donner ses lettres de noblesse à cette pierre grâce à la qualité des fours à pain qu’il concevait et installait en Belgique, mais également en France et en Allemagne. Cette reconnaissance lui valut d’ailleurs une médaille lors de l’Exposition internationale des produits du commerce et de l’industrie de 1893 à Paris.
Après son décès, l’entreprise fut reprise par ses fils, dont Lucien et Louis Lorent. Le premier assurait l’exploitation de la carrière, tandis que le second fabriquait des pains cuits dans des fours de leur conception, ensuite distribués dans la région. Cette activité de boulangerie était installée dans la ferme située à l’actuel n° 22 de la rue du Brasseur. La production de fours à pain cessa en 1948, suivie peu après par l’arrêt de l’exploitation de la carrière.
Quelques années plus tard, en 1960, à la demande du professeur Lemaire de Louvain, qui recherchait une source de tuffeau pour la restauration de monuments historiques, Jules Steenwinckel (1912–1997), dernier bourgmestre d’Opheylissem avant la fusion des communes, fit rouvrir la carrière jusqu’en 1963. De cette activité subsistent aujourd’hui les toponymes de certaines rues à Hampteau (Hautes Pierrées, Tuffeau) et à Linsmeau (ruelle Pirée).
Plus d'informations historiques sur le Tuffeau et les lieux de la commune liés à cette pierre sont disponibles en légende des photos ci-jointes.
Vous voulez en savoir plus sur l'histoire de la commune? Le site Héléracines est toujours accessible.
(texte et photo Héléracines)
(Constructions & Rénovations : Au début des années 1960, les pierres extraites de la carrière Lorent-Steenwinckel furent utilisées pour la restauration de plusieurs monuments, dont l’église Saint-Gangulphe de Saint-Trond (visible sur cette photographie). Bien que plus anciennes et édifiées à partir de matériaux provenant d’autres sites d’extraction, il convient de rappeler, parmi les nombreuses constructions de la commune réalisées en pierre de tuffeau, les églises de Neerheylissem et de Linsmeau. )