La tarasque - un monstre classé "patrimoine mondial".
Presque invariablement, ce 29 juillet, jour de la Sainte Marthe, il est possible de voir dans les rues animées et festives de Tarascon un être épouvantable à l'allure hybride. C'est la Tarasque, effigie du monstre du même nom qui, selon la légende, vivait à l'emplacement de l'actuel château, semait la terreur dans la région, et n'hésitait pas à dévorer les voyageurs passant sur le Rhône.
Voici d'ailleurs comment Jacques de Voragine, dans la Légende dorée (vers 1260), décrit cette chose effrayante : "un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu'un boeuf, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes ; il se cachait dans le fleuve d'où il ôtait la vie à tous les passants et submergeait les navires".
Selon la légende, toujours, sainte Marthe, venue évangéliser la Provence, aurait su dompter le monstre. Les habitants l'auraient ensuite tué, avant de se convertir au catholicisme.
On doit au roi René d'Anjou, comte de Provence, la naissance des festivités de Tarascon, en 1469 : pour exorciser les craintes populaires relatives aux crues du Rhône, il décide de ressusciter la vieille légende de la Tarasque, et de créer des processions avec une effigie sensément effrayante. Avouons-le, le monstre en carton-pâte a depuis perdu de son caractère terrible, mais son ancienneté lui vaut désormais d'être inscrit par l'UNESCO comme patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Une consécration inespérée pour un monstre
(source Entre Médiéval et Renaissance)