L’information, glanée en sortie de conseil communal, risque de faire couler beaucoup d’encre : pour rentabiliser le nouveau réseau de chaleur au bois jugé trop peu performant, la commune se lance dans la production de bière locale. Alors que les finances locales sont sous pression, le projet est resté sous silence lundi soir, surprenant jusqu'au directeur financier lui-même.
Une cohérence technique assumée
Interrogée ce mardi, l’échevine responsable des Finances — et désormais « de la Bière » — défend fermement le dossier. Pour la majorité, ce choix permet d'éviter une nouvelle hausse d'impôts après les dépenses somptuaires des dernières années.
« La production de bière nécessite des apports de chaleur constants. D’un point de vue purement technique, la cohérence est réelle. » dit-elle.
Malgré l'absence de permis et un débat public quasi inexistant, l'urgence semble avoir primé sur la forme. Un membre de la majorité confie : « Nous savons que ces projets suscitent systématiquement des critiques, parfois avant même leur mise en œuvre. Mais il fallait avancer. »
Entre prudence administrative et doutes de l'opposition
Au sein de l’administration, l'enthousiasme est plus nuancé. On évoque une "approche innovante", tout en restant prudent sur les chiffres : « Nous n’avons pas encore une vision complète de tous les paramètres. Le projet évolue, il faudra analyser sa rentabilité globale. »
Du côté de la minorité, l’heure est à l’observation, faute d'avoir pu éplucher un dossier arrivé tardivement : « Je dois être honnête : je n’ai pas encore eu le temps de parcourir l’ensemble du dossier. Mais on nous assure que tout est maîtrisé. C’est un projet complexe, vous savez. »
Une "B+" ou une "Lagio" ?
Pour baptiser ce futur breuvage, deux noms circulent déjà : la “Lagio” et la “B +”. Un concours sera prochainement organisé pour trancher démocratiquement, tandis qu'une première cuvée est déjà en préparation.
Une voix enthousiaste de la majorité s'en réjouit : « Ce projet montre que Beauvechain est capable d’innover. Nous transformons une contrainte technique en opportunité économique. Peu de communes osent aller aussi loin. »
Le monde associatif s'interroge
Tout le monde ne partage pas cette euphorie. Des représentants associatifs pointent du doigt la méthode et l'absence de transparence : « Ce qui nous interpelle, ce n’est pas seulement le contenu du projet, mais la manière dont il semble avoir été développé sans véritable débat public (et sans permis). »
Pour apaiser les esprits, la bourgmestre a promis une compensation symbolique : six bouteilles gratuites par an pour chaque contribuable en ordre de paiement. Un geste qui, selon elle, permet à chacun de se réjouir de cette « belle initiative ».
Reste à savoir si cette valorisation énergétique d'un nouveau genre saura convaincre les citoyens... au-delà du cercle des initiés.
À votre santé !