La population grézienne stagne, voire recule. N’est-il pas temps de se poser et de réfléchir à l’avenir de notre commune.
Après une progression soutenue en partie par l’arrivée de nouveaux logements au Domaine des Vallées, Grez-Doiceau entre dans une phase de quasi-stagnation démographique.
Le vieillissement de la population, la baisse de la taille des ménages et la prédominance de grandes maisons peu adaptées aux petits ménages semblent désormais freiner la dynamique résidentielle de la commune.
A la lecture des chiffres, – basés sur les données démographiques disponibles pour la commune de Grez-Doiceau depuis 2010, issues principalement de Statbel, du recensement, et de WalStat-, la trajectoire la plus plausible pour Grez-Doiceau est celle d’une commune en quasi-plateau démographique, avec vieillissement progressif, baisse lente de la taille moyenne des ménages, et décalage croissant entre petits ménages et parc de logements encore très dominé par la maison unifamiliale peu dense.
Le léger reflux récent paraît moins relever d’un effondrement démographique “naturel” que d’un épuisement de l’effet d’offre créé par le Domaine des Vallées, combiné à un parc résidentiel coûteux, peu diversifié et imparfaitement adapté aux jeunes ménages comme aux aînés.
Trajectoire des âges
La structure d’âge montre déjà un poids élevé des 50-69 ans en 2024, tandis que la déclaration de politique générale de la précédente mandature signalait à la fois l’arrivée des baby-boomers dans les classes 55+ et un creux marqué dans les 25-50 ans, décrit comme un “exode de la jeunesse”.
La prévision la plus cohérente est donc :
- Une hausse de la part des 65+,
- Un recul relatif des enfants et jeunes adultes,
- Une progression modérée seulement des 30-49 ans, sauf si une nouvelle production importante de logements plus accessibles et plus compacts devait se présenter
Taille des ménages
La taille moyenne des ménages est passée d’environ 2,59 en 2011 et 2018 à 2,48 en 2021, tandis que 57% des ménages comptent déjà deux personnes ou moins.
La trajectoire prévisionnelle la plus probable est une poursuite de la baisse vers environ 2,35 à 2,40 à l’horizon 2035, avec une montée des personnes seules vers 30%, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’anticipation déjà mentionnée par la DPL.
Typologie des logements
Le parc communal reste très orienté vers les maisons de type ouvert à 57,5%, avec 24,7% de maisons demi-fermées, 6,7% de maisons fermées, et seulement 8% de logements en immeubles à appartements. Même le grand apport récent du Domaine des Vallées à Gastuche a surtout ajouté des maisons, puisque le Domaine des Vallées comprend 207 logements dont 156 maisons, 45 appartements et 6 studios. Si l’on considère les projets en cours, la trajectoire la plus plausible du parc est un maintien d’une dominante unifamiliale, alors qu’existe un besoin croissant de logements plus petits, adaptables et bien situés.
Sans changement de trajectoire, la commune risque surtout de sous-occuper de grandes maisons plutôt que d’accueillir davantage d’habitants.
POURQUOI LA POPULATION STAGNE ?
La population a peu progressé entre 2021 et 2024 avant de reculer légèrement en 2025, passant de 13 984 à 14 064 puis 14 014 habitants, ce qui suggère une fin de cycle de croissance plus qu’un effondrement.
L’évolution dépend du bilan naturel et du bilan migratoire, et comme les dynamiques communales wallonnes sont souvent davantage tirées par les migrations que par le seul solde naturel, l’hypothèse la plus solide est que Grez-Doiceau souffre aujourd’hui d’un affaiblissement de son attractivité résidentielle marginale une fois absorbé le “choc d’offre” de Gastuche.
Causes probables
Ce n’est donc pas seulement un phénomène démographique : le vieillissement pèse, mais il est renforcé par un parc de logements peu aligné avec la structure réelle des ménages, puisque les petits ménages progressent alors que le stock reste massivement composé de grandes maisons.
Le coût du logement est probablement un facteur important aussi, non pas parce qu’un chiffre de prix local est établi ici, mais parce que le projet de Gastuche était explicitement présenté comme une manière de rendre encore possible l’accès résidentiel en Brabant wallon et que tous les biens y ont été vendus, signe d’une demande solvable pour une offre plus abordable ou plus cadrée.
Enfin, la situation joue sans doute également : Grez-Doiceau garde un profil périurbain recherché, mais si les nouveaux logements sont surtout de grande taille, dispersés ou dépendants de l’automobile, ils retiennent moins bien les jeunes adultes, les ménages modestes et une partie des seniors, ce qui cadre avec le constat communal d’exode des jeunes et avec l’objectif officiel d’adapter les logements au vieillissement et de doubler l’offre publique.
La lecture synthétique est donc la suivante : stagnation par inadéquation résidentielle plus que par simple déclin naturel, avec un besoin prioritaire de petits logements, de logements intermédiaires, de logements abordables et de logements bien localisés dans les centralités
(source texte et photos "Epures")