À Grez-Doiceau, le petit village de Gottechain s’apprête à vivre un moment attendu : la réouverture de son église, ce samedi. Fermé ces derniers mois à la suite de dégradations survenues en septembre dernier, l’édifice retrouve aujourd’hui toute sa place au cœur de la vie locale.
Perchée au sommet de son escalier de 46 marches, l’église Saint-Remacle domine discrètement ce hameau rural, l’un des plus paisibles du Brabant wallon. Déjà mentionné sous le nom de « Goddechins » sur la Carte de Ferraris au XVIIIe siècle, le village conserve un caractère authentique où le patrimoine tient une place essentielle.
Un héritage religieux ancien
Bien avant l’église actuelle, une chapelle dédiée à Notre-Dame occupait les lieux dès le XVIIe siècle, sous l’impulsion du seigneur local. Malgré les bouleversements de la Révolution française, le site religieux traverse le temps : reconnu en 1825, il devient succursale en 1842.
L’édifice actuel est construit en 1847, sur les plans de l’architecte Léon Suys, et consacré en 1855. De style néo-gothique, il se distingue par sa sobre façade de briques, sa tour carrée et sa niche abritant une statue du saint patron.
À l’intérieur, le visiteur découvre un mobilier essentiellement néo-gothique, complété par quelques pièces plus anciennes, dont un confessionnal de style Louis XV et des fonts baptismaux en pierre calcaire.
Saint Remacle, une figure majeure du VIIe siècle
Saint Remacle (vers 600–vers 675) est une figure importante du christianisme en Belgique. Moine missionnaire, il fonde les abbayes de Stavelot et de Malmedy et joue un rôle clé dans l’évangélisation de l’Ardenne.
Reconnu pour sa vie ascétique et son influence spirituelle, il est aujourd’hui encore vénéré dans plusieurs régions de Wallonie. Sa présence comme vocable secondaire à Gottechain témoigne de l’ancienneté et de l’ancrage religieux du lieu.
Un patrimoine restauré et vivant
Au-delà de sa fonction cultuelle, l’église de Gottechain constitue un repère identitaire fort. Sa restauration récente ne se limite pas à une remise en état : elle traduit la volonté de préserver un patrimoine rural souvent méconnu, mais essentiel à la mémoire collective.
Une journée placée sous le signe de la convivialité
Pour célébrer cette réouverture, la Fabrique d’église et les acteurs locaux ont prévu un programme varié, ouvert à tous :
16h : contes pour enfants (avec coussin !)
17h : chasse aux œufs dans le jardin de la cure
19h15 : conférence sur le rôle patrimonial de l’église (CIPAR)
19h30 : présentation des travaux de restauration par l’artisan Jean-Albert Glatigny
20h : concert de l’Académie de musique de Grez-Doiceau
La soirée se prolongera autour du traditionnel verre de l’amitié.
Une belle occasion, pour les habitants comme pour les curieux, de redécouvrir un lieu chargé d’histoire… et de vie.