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BEAUVECHAIN : LES FONTS BAPTISMAUX

Le patrimoine du mois : les fonts baptismaux de Beauvechain
Dans les premiers siècles du christianisme, le baptême des adultes se faisait par immersion, dans un cours d’eau puis dans une cuve située dans un baptistère, souvent séparé de l'église. Ensuite suite ce sont des enfants que l’on baptise, par aspersion. Cela se fait alors dans des fonts baptismaux (le mot fonts nous vient du latin fons, fontis, source - fontaine), une cuve plus légère et pratique, située à l'intérieur d’une église et destinée à recevoir l’eau du baptême. Les fonts de Beauvechain remontent aux environs de 1150. Ils ont été taillés dans une pierre très dense. Il s’agit plus que probablement d’un calcaire qui provient de la région de Dinant, qui fait partie de la famille dite « des marbres noirs », du fait de sa couleur sombre et de sa capacité à se laisser polir. Sa structure, la taille des visages et la finesse des détails du décor en fait un des exemples le plus remarquable au sein de l’atelier dont il provient, aux alentours de l’Entre-Sambre-et-Meuse. À l’origine ils ont dû être placés dans l’ancienne église de Beauvechain. Mais un jour, pour une raison encore inconnue, ils ont été dispersés dans le jardin de l’actuelle cure. Oubliés jusqu’en 1875, ils sont retrouvés lors du curage de l’étang, brisés en leur milieu. Ils sont alors restaurés et replacés dans la nouvelle église. Le baptême, en tant que rite de passage, a une origine profonde. L’utilisation de l’eau, dans les actes cultuels ou sacrés, remonte à la nuit des temps. L’expression symbolique présente dans ces fonts ne peut être abordée sans prendre en compte à la fois la dilution symbolique et l’antinomie possible de la lecture de certains signes. La présence de quatre têtes qui encadrent le sommet de la cuve peut se comprendre comme la personnification des quatre points cardinaux ou des quatre fleuves qui alimentent l’Eden. Ces visages se muent parfois en signes apotropaïques (représentation négative destinée à détourner le mal). Ce sont alors quatre évangélistes qui gardent la cuve. Deux des quatre visages sont couronnés. Peut-être est-ce l’illustration du passage d’un état à l’autre, du triomphe du baptême ?
(texte et photo Mathieu Bertrand)
 
 
 

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