CONNAISSEZ-VOUS LE FAQUIN ?
Un faquin est, à l’origine, un terme du français ancien qui désigne un homme de basse condition, un portefaix ou un manœuvre chargé de transporter des fardeaux.
Très vite, le mot a pris un sens figuré péjoratif d'une personne sans valeur, un individu méprisable, quelqu’un de grossier, insignifiant ou impertinent.
On le rencontre surtout dans la littérature des XVIIᵉ‑XVIIIᵉ siècles mais il peut encore être utilisé aujourd’hui pour donner une couleur un peu archaïque ou savoureuse à une insulte.
Le portefaix au Moyen Âge est un un rouage indispensable en ville. C'est un métier de force.
Le portefaix est un travailleur manuel spécialisé dans le transport de charges lourdes : sacs de grains, ballots de draps, tonneaux, pierres, marchandises diverses.
Dans un monde sans machines de levage (ou presque), la force humaine est la première énergie disponible. Les portefaix sont donc omniprésents aux portes des villes, pour décharger les chariots ; dans les ports fluviaux et maritimes, où ils déplacent les cargaisons ; dans les marchés, où ils servent d’intermédiaires entre marchands et clients ; dans les chantiers, où ils transportent matériaux et outils.
Dans un monde sans machines de levage (ou presque), la force humaine est la première énergie disponible. Les portefaix sont donc omniprésents aux portes des villes, pour décharger les chariots ; dans les ports fluviaux et maritimes, où ils déplacent les cargaisons ; dans les marchés, où ils servent d’intermédiaires entre marchands et clients ; dans les chantiers, où ils transportent matériaux et outils.
C'est une corporation souvent organisée :
Dans de nombreuses villes (Paris, Rouen, Lyon, Bruges, Florence…), les portefaix sont regroupés en métiers ou confréries.
Ces organisations fixent les tarifs ; contrôlent l’accès au métier ; assurent une forme de solidarité (aumônes, funérailles, entraide).
Ces organisations fixent les tarifs ; contrôlent l’accès au métier ; assurent une forme de solidarité (aumônes, funérailles, entraide).
Leur statut reste cependant modeste : ce sont des travailleurs pauvres, souvent migrants, parfois saisonniers.
Une réputation ambivalente
Le portefaix est indispensable, mais il est aussi perçu comme bruyant, car il travaille dans les lieux les plus animés ; rustre, car son métier exige plus de force que d’éducation ; peu fiable, selon les stéréotypes des élites urbaines.
C’est de cette image que naît le sens péjoratif du mot faquin, synonyme d’homme grossier ou méprisable.
À la Renaissance, le métier se transforme.
Entre le XVe et le XVIe siècle, l’explosion du commerce international (Flandres, Italie, péninsule Ibérique) multiplie les besoins en main‑d’œuvre pour la manutention.
Les portefaix deviennent des acteurs essentiels des ports (Venise, Gênes, Lisbonne, Anvers) et des foires (Lyon, Francfort).
On voit apparaître des groupes spécialisés :
-
porteurs d’eau
-
porteurs de vin
-
porteurs de sel
-
porteurs de bois
-
porteurs de chaise (plus tardifs, XVIIe siècle)
Du Moyen Âge à la Renaissance, le portefaix est un travailleur essentiel mais marginalisé, symbole de la force physique au service de l’économie urbaine. Sa présence dans la langue — notamment à travers le mot faquin — témoigne de la manière dont les élites percevaient les classes laborieuses : nécessaires, visibles, mais socialement dépréciées.
I'llustrations : Livre des Métiers de Bologne par Annibal Carrache (1560-1609), les Quatre-vingts figures dessinées à la plume durant ses heures de loisir par Annibal Carrache. Ceux-ci représentent, pour la plupart, des vendeurs et des artisans ambulants de Bologne – sa ville natale –, témoignant ainsi de la composante naturaliste dans la production d’un artiste (dont le nom fut rapidement associé au seul classicisme des fresques de la galerie Farnèse).
(Texte entre Médiéval et Renaissance FB)