La frangipane, ce mélange de crème d'amandes et de crème pâtissière qui garnit la pâte feuilletée de nos galettes des rois, doit son nom à une grande famille de la péninsule italienne, les Frangipani.
Ces derniers avaient acquis ce patronyme à la suite ; d'un acte généreux, accompli ; en 1014 : lors d'une famine, ils n'avaient pas hésité à « rompre leur pain » -frangere panem en latin - et à le distribuer aux nécessiteux de Rome.
Près de cinq siècles plus tard, un certain Mutio Frangipani, botaniste distingué, découvre sur l'île antillaise d'Antigua un arbuste dont les fleurs répandent une délicieuse odeur et auquel on donnera ultérieurement le nom de... frangipanier.
Le savant a un petit-fils, prénommé Pompeo, parfumeur à Paris. Pour masquer la forte odeur de cuir que dégageaient à l'époque les gants et les souliers, il crée une poudre à base d'amandes amères écrasées. Ses gants « à la frangipane » font fureur... Ce succès aurait donné à un pâtissier (resté anonyme) l'idée de confectionner une crème à base d'amandes, « notre » frangipane.
L'origine de cette douceur a également fait l'objet d'une jolie fable - mais inventée de toutes pièces - mettant en scène (une fois de plus !) la jeune Catherine de Médicis : la recette de cette crème frangipane lui aurait été donnée en cadeau de mariage par le comte Cesare Frangipani.
Les amandes entrent dans la préparation de la célèbre crème frangipane (récolte des amandes douces, enluminure du "Tacuinum sanitatis", manuscrit du XVe siècle). BnF, Manuscrits occidentaux, Latin 9333, f° 15v.
Les amandes entrent dans la préparation de la célèbre crème frangipane (récolte des amandes douces, enluminure du "Tacuinum sanitatis", manuscrit du XVe siècle). BnF, Manuscrits occidentaux, Latin 9333, f° 15v.
(Entre médiéval et renaissance FB)