Cela s’est passé un 1er août…
Il fait chaud en ce premier août 1391. Trop chaud peut-être. Le comte de Foix et vicomte de Béarn Gaston III (Gaston dit Fébus) rentre de la chasse. Il fait halte à l’Hôpital d’Orion. Alors qu’il se lave les mains avant de prendre son repas, il s’écroule, victime d’une crise d’apoplexie. Cette mort foudroyante frappe les esprits. Le vicomte avait 60 ans, un âge plus que vénérable à l’époque, mais sa vitalité ne laissait pas présager l’événement. Avec lui disparaît l’un des grands princes de l'Occident du XIVe siècle. Vicomte de Béarn depuis 1343, c'est un vaillant chevalier, un redoutable chasseur, un prince fastueux qui entretient une cour renommée à Orthez, un fin politique et un lettré, grand amateur de livres et auteur d’un Livre de la chasse, promis à une riche postérité. En plein cœur de la guerre de Cent ans, il a réussi le tour de force de préserver de tout conflit ses états et d’en conserver l’unité et l’intégrité, malgré la pression des trois puissants royaumes voisins, la France, l’Aragon et l’Angleterre. Il échoue toutefois à accomplir son plus « grand dessein », constituer un seul territoire de Pau jusqu’à Foix.
Sa disparition brutale vient bouleverser le jeu politique. C’est que Gaston III meurt sans fils légitime… Il a bien conclu, un an auparavant, un traité avec le roi de France Charles VI, le reconnaissant comme son héritier en échange de la Bigorre et de 100 000 francs d'or. Mais aussitôt après sa mort, cour des Nobles et cour des Communautés de Béarn se réunissent sous le nom d'Etats de Béarn, désavouent ce traité, écartent Charles VI et choisissent pour nouveau vicomte, un jeune cousin du défunt, Mathieu de Castelbon, issu de la branche catalane des comtes de Foix.
Gaston III de Foix-Béarn restera à jamais pour la postérité, Gaston Fébus, en référence au dieu de la mythologie grecque, un « comte-soleil » à la personnalité et au destin romanesques.
(Entre médiéval et renaissance )