GREZ-DOICEAU : DON DE SANG
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Un projet de 27 maisons sur des terres agricoles à Grez-Doiceau suscite une vive opposition. Après analyse du dossier, l’ASBL Epures, soutenue par des acteurs de la mobilité active, dénonce un aménagement qui va à l’encontre des objectifs communaux en matière d’environnement, de logement et de mobilité. Elle appelle à un refus du permis ou à une révision en profondeur du projet.
Consultez la réponse à l’enquête publique sur le lotissement de l’entreprises JAZY avec le soutien des sections locales de Tous à Pied et d’Avello pour les questions de mobilité active
Un projet de 27 maisons unifamiliales est actuellement soumis à enquête publique à Grez-Doiceau, entre la rue du Stampia et la rue de la Sainte du Chêne. L’ASBL Epures a analysé l’ensemble du dossier en détail. Notre conclusion est sans appel : ce projet devrait être refusé, ou à tout le moins profondément revu.
La Déclaration de Politique Communale 2024-2030, adoptée par le collège il y a moins de deux ans, est pourtant claire : limiter l’artificialisation des sols, préserver les paysages ruraux, développer des logements abordables et sociaux, favoriser la mobilité douce. Le projet Jazy contredit ces engagements point par point. Il urbanise deux hectares de terres agricoles en pente, visibles depuis le vallon du Lambais, dans un périmètre d’intérêt paysager identifié. Il prévoit 27 grandes maisons unifamiliales sans un seul logement social, sans appartement, sans studio — alors que 57% des ménages greziens comptent deux personnes ou moins et que la commune ne remplit déjà pas ses obligations légales en matière de logement public : 1,7% du parc seulement, contre 10% minimum requis par le Code wallon de l’Habitation Durable.
Le projet va également à l’encontre des objectifs du Programme communal de développement rural définis par les citoyens gréziens.
Les sections locales de Tous à Pied et d’Avello partagent pleinement nos inquiétudes sur ce point. La nouvelle voirie traversera un axe cyclable régional en lui retirant son caractère prioritaire. Elle introduira un trafic supplémentaire aux abords de l’Espace Jeunes et du club de football, dans un secteur déjà dépourvu de trottoirs sécurisés. Le risque de trafic de raccourci vers l’école Saint-Joseph est réel et non évalué. Loin d’améliorer la mobilité douce, ce projet la dégrade concrètement.
L’étude géotechnique repose sur cinq tests de perméabilité pour plus de trois hectares de terrain en pente. C’est insuffisant pour garantir l’efficacité des dispositifs d’infiltration, avec à la clé des risques réels de saturation et d’aggravation des inondations en aval. Par ailleurs, un pipeline OTAN hors service traverse le site : son démontage est annoncé dans l’étude, mais aucune analyse de sol n’a été réalisée sur son tracé. Le formulaire réglementaire relatif au Décret Sols a été rempli de façon minimale, ignorant cette contrainte et le changement d’usage agricole vers résidentiel — pourtant le plus sensible selon la réglementation wallonne.
La commune cède une partie de son foncier au promoteur pour créer un second accès routier, sans lequel le projet de 27 logements n’aurait probablement pas été possible. En contrepartie, le promoteur participerait à la construction d’un terrain de football synthétique, situé en zone agricole et partiellement inondable. La légalité, l’impact du revêtement synthétique sur l’environnement et la proportionnalité de ce montage, au regard du Code du Développement Territorial, méritent un examen public approfondi.
Nous appelons l’autorité compétente à refuser le permis ou, à défaut, à exiger une révision substantielle : révision du programme de logements, analyse de sol complète sur le tracé du pipeline, étude de mobilité indépendante, et bilan d’imperméabilisation réel incluant terrasses et allées — aujourd’hui absent du dossier.
(texte et photo Epures)