Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

AVEC MARCH'EN GREZ

Ce dimanche 26 juillet 2026, je vous emmène à Chaumont-Gistoux, pour une balade inédite de 11,700 km.
 
Je vous donne RDV à 09.20’ à l’adresse suivante : rue de Corroy, 96 à 1325 Chaumont-Gistoux (15 minutes de Grez-Doiceau).
 
Chaumont‑Gistoux n’est pas un village qui se raconte d’un seul souffle : c’est un territoire composé de sept entités, chacune avec son caractère, ses reliefs, ses mémoires.
 
Entre les vallons du Train et du Pisselet, les chemins serpentent dans un paysage agricole qui couvre plus de 70 % du territoire, un décor qui n’a jamais cessé d’être façonné par l’homme depuis le Néolithique.
 
Nous allons parcourir le bois Matelle ...
 
Le Bois Matelle est un lieu qui ne se traverse pas : il se frôle. Il commence comme une simple lisière, un rideau d’arbres posé au bord de la vallée du Train, puis il s’ouvre en silence, comme si la nature avait décidé de parler plus bas ici qu’ailleurs.
 
Rien n’y est spectaculaire. Tout y est essentiel.
 
Dans ce bois, la terre est pauvre, acide, presque maigre. Et pourtant, c’est là que poussent les plantes les plus tenaces : la callune, qui fleurit en mauve à la fin de l’été ; les genêts, qui s’allument comme des torches jaunes au printemps ; les herbes fines qui tremblent au moindre souffle. Ce sont des paysages rares, des landes sèches, des pelouses sableuses, des milieux qui n’existent que là où la terre refuse l’abondance.
 
Le Bois Matelle n’est pas un sanctuaire sauvage : il est le résultat d’une longue conversation entre l’homme et le paysage. Pendant des siècles, on y a laissé paître des moutons, on y a ouvert des clairières, on a entretenu les sols pauvres qui permettent à la callune de survivre.
 
Aujourd’hui encore, des équipes viennent couper les ligneux, dégager le sable, préserver ce qui pourrait disparaître en quelques années si on cessait d’y prêter attention.
 
Ce bois est un héritage vivant, un lieu où l’on voit ce que signifie vraiment « prendre soin ».
 
Quand on marche dans les clairières, on entend parfois un bourdonnement discret. Ce sont les abeilles sabulicoles, ces petites ouvrières qui creusent leurs nids dans le sable nu. Elles ne vivent que dans des milieux comme celui‑ci, où la terre est assez meuble pour s’ouvrir sous leurs pattes.
 
Elles sont les gardiennes du Bois Matelle : si elles disparaissaient, une part du paysage s’effacerait avec elles.
 
Le Bois Matelle est lié au Train, ce ruisseau qui traverse Chaumont‑Gistoux comme une ligne de vie. On entend son murmure depuis certains sentiers, surtout au printemps, quand l’eau déborde un peu et que les prairies s’imbibent. Le bois, lui, reste en hauteur, comme un balcon sur la vallée. Il observe. Il veille.
 
Les chemins du Bois Matelle ne demandent rien, sinon de la lenteur. Ils invitent à regarder les détails : une mousse qui s’accroche à une pierre, une branche qui dessine une arche, une clairière qui s’ouvre comme une page blanche. On y croise parfois un promeneur, rarement plus. C’est un bois qui aime la discrétion.
Il y a des lieux qui parlent fort. Le Bois Matelle, lui, parle juste. Il dit la fragilité des paysages, la patience des plantes, la fidélité des sols pauvres. Il dit que la beauté n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être profonde.
 
Et quand on quitte le bois, on emporte avec soi quelque chose de lui : une respiration plus lente, un regard plus attentif, une douceur qui ressemble à celle des landes mauves au cœur de l’été.
 
 

Écrire un commentaire

Optionnel