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LA NAISSANCE DE LA TONSURE

Le moine que l’on imagine porte la tonsure, qui apparaît au début du Moyen âge. Le dessus du crâne est rasé et les cheveux forment une couronne autour de la tête, évoquant la couronne de l’apôtre Pierre.
Mais comment, à cette époque procédait-on pour l’entretenir ? La coupe se faisait aux ciseaux et pendant ce temps, on récitait des psaumes. Les chartreux, soumis à une vie solitaire, recevaient en entrant en cellule, un peigne, une brosse, une pierre et un cuir à aiguiser le rasoir.
La barbe et les cheveux étaient entretenus à intervalles irréguliers, selon les ordres, tous les quinze jours pour les uns et de cinq à six fois par an pour les autres.
La pratique du rasoir se faisait deux par deux, les moines se faisant face, l’un tenant le rasoir et l’autre l’eau et toujours au rythme du chant des psaumes. Le lavage des cheveux pouvait avoir lieu le même jour que le rasage sans demander préalable. Quand aux ongles, on ne les coupait ni le dimanche ni les jours de fête.
 
TONSURE
La tonsure est une pratique adoptée par certaines Églises, consistant à raser une partie des cheveux d'un clerc. Signe de renonciation au monde, elle est aussi, avec la prise d'habit et le changement de nom, un élément d'un rituel de mort et de renaissance qui efface les péchés antérieurs.
L'origine de la tonsure est incertaine mais elle n'était certainement pas largement connue durant l'Antiquité. Ce rite est peut-être imaginé à partir de la tonsure du jeune enfant, rite initiatique romain qui est progressivement christianisé pour les clercs.
La tonsure est une pratique née à la fin de l'antiquité ; elle n'est pas connue aux premiers temps de l'Église.
Saint Jérôme, dans sa Lettre à Népotien, l’approuve dans la mesure où elle permet aux clercs de se distinguer des barbares et des soldats ; mais à condition que le crâne ne soit pas entièrement rasé, marque infâmante des esclaves à Rome. La tonsure est d’abord adoptée par les moines avant de gagner les prêtres au VIe siècle. À partir du VIIe siècle, plusieurs sortes de tonsures entrent en concurrence :
· la tonsure orientale, consistant à raser la tête tout entière, réputée fondée sur l'autorité de l'apôtre Paul ;
· la tonsure celtique, consistant à raser l'avant du crâne, d'oreille en oreille, réputée fondée sur l'autorité de l'apôtre Jean ;
· la tonsure romaine, consistant à raser seulement le haut du crâne, le reste des cheveux formant une couronne, réputée fondée sur l'autorité de l'apôtre Pierre.
La règle de saint Benoît (vie s.) mentionne la tonsure de manière accessoire, en parlant de ceux qui mentent à Dieu par leur tonsure (ch. 1, 7). Le deuxième concile de Nicée en 787 rappelle que la tonsure ecclésiastique est un rite qui ne peut remplacer l'ordination et conférer une fonction dans l'Église.
Au sein de l'Église catholique, la tonsure romaine l'emporte sur les deux autres formes et reste en vigueur jusqu'en 1972, date à laquelle le motu proprio Ministeria quædam de Paul VI la rend facultative.
Au fil du temps, la tonsure romaine s'est réduite à un cercle de quelques centimètres de diamètre. Lors de la cérémonie de l'ordination, elle est préfigurée par la coupe de quelques mèches de cheveux.

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