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FAIRE MIJHOT OU ENCORE FAIRE MIJET ,SOUPINE ,MIETTEE ,TREMPETTE!

La soupe au vin sucré est une soupe consommée dans de nombreuses provinces, du Poitou, où elle est connue sous le nom de « mijet », à l'Anjou, où on la dénomme « soupine », en passant par la Beauce, où elle s'appelle « miettée », ou par les Charentes, où on la retrouve dénommée « mijhot » et est faite uniquement avec du vin du pays charentais. On préfère généralement les préparations au vin rouge mais on peut aussi se servir de rosé.
 
• Il ne faut pas confondre cette soupe avec la pratique, autrefois familière des travailleurs, qui consiste à finir le bouillon gras encore chaud en y rajoutant du vin, et à boire ce mélange en portant l'assiette creuse à la bouche ; on dit alors qu'on fait « chabrot » en français ou « godaille » en saintongeais. La soupe au vin sucré se distingue aussi du vin à la française qui est un vin chaud et sucré aromatisé avec de la cannelle,
 
• Le vin sucré était rarement bu seul. Il imposait un rituel puisqu'il fallait y tremper du pain. Cette coutume s'appelait : faire trempette ou trempête et cette expression a été employée dans toute la France jusqu'au xxe siècle.
 
• Dans le Jura, la trempotte ou la trampusse désignait du pain trempé dans du vin sucré. Ailleurs, c'était la trempée ou la miotte.
 
• En Touraine, au milieu du xixe siècle, la miotte désignait aussi une soupe au vin rouge non chauffée mais sucrée au miel ; chauffé, le mets était appelé rôtie. À Bourgueil, on désignait par bijane le pain trempé dans le vin frais sucré, et par soupine le pain trempé dans le vin chaud et sucré.
 
• Dans le Poitou, on faisait la même distinction : il s'agissait de la mige (ou mijet) dans le cas de vin frais et de soupine, ou trempine dans les Deux-Sèvres, dans le cas de vin chaud.
 
• Dans le Berry on disait respectivement miet (ou miot)7 et trempée ou midonnée
 
• Popularité
 
Dans les fermes du Centre-Ouest de la France, jusque dans les années 1960, le mijet ou la trempine étaient considérés comme incontournables pour couper les longs et chauds après-midis de travail d'été (on pouvait en effet travailler de 14h30 à 21h30). Pour les gros travaux, la ration pouvait avoisiner 1 litre par travailleur. C'était cependant un plat économique avec du pain rassis et le vin généralement produit sur la ferme.
 
Ils étaient aussi servis en début de repas (en particulier la trempine) comme n'importe quelle autre soupe. Le mijet était quelquefois servi en dessert, surtout s'il était bien sucré et avec des fraises.
 
La rôtie, plus élaborée, pouvait être servie aux mariés à la fin de la nuit de noces, dès l'aube, à la place de la soupe à l'oignon, en guise de reconstituant.
 
Il reste en Poitevin les expressions « É-t-o de la trempaïe ou de la routie ? »,(Est-ce de la trempine ou de la rôtie ?) analogue à « Est-ce du lard ou du cochon ? » et « avâ la goule mijhétouse » ː « avoir soif »
 
Préparation:
Cette soupe rustique se prépare à partir de pain sec, découpé en dés, d’autant plus petits que le pain est sec. On l’arrose ensuite d'une bonne rasade de vin, que l'on sucre légèrement, puis le tout est mis au frais. Dans les campagnes, on la mettait au puits quelques heures afin de la rafraîchir.
 
-Différences entre mijet, trempine et rôtie
 
Pour 1 litre de mijet, compter :
 
1 bouteille (75 cl) de vin rouge de qualité
 
1 à 2 verres d'eau fraîche
 
1 gros quignon de pain sec dont on ne garde que la mie émiettée
 
6 à 10 morceaux de sucre
 
Servir bien frais
 
Variante pour la trempine :
 
Le vin et l'eau sont très chauds pour la trempée
 
On utilise en quantité plus importante la mie du pain et surtout la croûte
 
On peut rajouter de la cannelle
 
On sert bien chaud ou refroidi suivant les goûts
 
Variante pour la rôtie :
 
Le pain est coupé en tranches et rôti (le grille-pain convient)
 
On fait bouillir les rôties, le vin et l'eau pendant une heure comme pour une panade.
 
2 morceaux de sucre ou miel et cannelle
 
On peut servir avec les rôties entières, comme pour la soupe au perroquet, ou servir un bouillon consistant après passage au tamis grossier
 
On sert toujours chaud ,il est d'usage de laisser le vin, l'eau et le sucre sur la table au moment du service pour que chacun puisse ajuster à son goût.
(sourc e et illustration Cherente Maritime d'Antan FB)

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