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HELECINE : Héléracines - Lu r'traite/Amon Mariye Dèbry

Cet endroit fut célèbre cabaret dit « lu r’traite » (Amon Mariye Dèbry), très fréquenté à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Cet établissement occupait le bâtiment actuellement divisé entre les n° 15 et 19 de la rue de Léau , avec cette particularité notable : sa façade est orientée vers le bas du village.
« Lu r’traite » était un café extrêmement prisé, dont la renommée tenait d’abord à sa salle de danse, prolongée par une terrasse dominant la vallée. Cette terrasse, agrémentée de gloriettes, était meublée de tables, de bancs et de chaises, et offrait un cadre ombragé particulièrement apprécié. L’ensemble portait le nom de « lu r’traîte », c’est-à-dire un lieu où l’on venait se mettre à l’écart. Des lampions étaient suspendus aux branches des gloriettes, si bien qu’à la tombée du jour, depuis le village, on pouvait apercevoir sur les hauteurs les musiciens, les danseurs et les clients attablés.
La notoriété de l’établissement tenait également au fait que l’on y dansait « à bal fermé », selon l’expression de l’époque, c’est-à-dire moyennant le paiement d’un droit d’entrée, pratique alors fort rare. Les tenanciers, Jacques Debry, puis son fils Maximilien, avaient ainsi trouvé le moyen d’attirer une clientèle aisée, assurée de se retrouver entre gens de même condition, à l’exclusion des « p’titès dgins ». On y croisait ainsi des familles de médecins, de riches « cinsis », des rentiers, accompagnés d’invités de leur rang.
Il arrivait toutefois qu’un père de famille de condition plus modeste, mais fier de compter parmi ses enfants quelques jolies filles, s’offre le luxe de les conduire au « bal fermé », parfois au prix de la vente d’une vache. Cette présence ne plaisait guère aux filles des familles « bien », qui redoutaient la concurrence de ces jeunes filles moins favorisées auprès des « candidats » présents, parmi lesquels figuraient des professeurs, des officiers, des instituteurs ou encore des étudiants.
La dernière représentante de la famille Debry à avoir tenu l’établissement fut Marie-Julie Debry (1868–1921), petite-fille de Jacques. Plusieurs habitations voisines de « lu r’traite » appartenaient autrefois également à la famille Debry, ce qui expliquerait que le chemin situé plus bas porte le nom de sentier Debry.
 
Ci-joint, une création par IA d'une représentation plausible de la terrasse d’Amon Mariye Dèbry et du village vers 1880.
 
Kand l’ djon.ne ome nė plêjéve nî al comére, èle donséve une donse avou èt èle dijéve mèrci. C’èsteût tot, i pouléve roter s’ vôye. Mês, si l’ djon.ne ome lî plèjéve, èle åreût bén donsé tote lu sîse avou sins dîre mèrci.
(Quand le jeune homme ne plaisait pas à la jeune fille, elle dansait une fois avec lui et elle disait merci. C’était tout, il pouvait continuer son chemin. Mais, si le jeune homme lui plaisait, elle aurait bien dansé toute la soirée avec lui sans dire merci. – Crédit : Bernard Vanorlé.)
 
Vous voulez en savoir plus sur l'histoire de la commune? Le site Héléracines est accessibles via ce lien : heleracines

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