VOTRE SEMAINE A BEAUVECHAIN
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
La filature de Bonlez s'inscrit dans l'essor industriel du XIXᵉ siècle en Brabant wallon (première moitié du XIXᵉ siècle, vers 1830-1840), époque où les moulins et ateliers situés le long des cours d'eau se modernisent massivement. L'activité industrielle s'est déployée tout au long du XIXᵉ siècle et jusqu'au début du XXᵉ siècle. Comme de nombreuses filatures rurales de la région, l'usine subit le déclin du textile local durant l'entre-deux-guerres face à la concurrence des grands centres industriels (Gand, Verviers).
À ses débuts, la filature tire sa force motrice de l'énergie hydraulique (roue à aubes ou turbine).Pour augmenter la production et pallier les variations de débit de la rivière, une machine à vapeur et sa chaudière sont installées. La construction de la grande cheminée circulaire en briques (très visible sur les cartes postales anciennes) concrétise ce passage à la mécanisation moderne. Le complexe regroupait les bâtiments d'ateliers avec de larges fenêtres pour maximiser l'éclairage naturel, les espaces de stockage pour la matière brute et les écheveaux, la chaufferie au pied de la cheminée, ainsi que le logis patronal ou de direction attenant.
La transformation des fibres textiles
L'usine assurait la transformation des fibres textiles (principalement la laine et/ou le coton selon les périodes d'exploitation). Le travail incluait le lavage et le séchage de la matière brute, le cardage (démêlage des fibres) et le filage mécanique sur des métiers à filer pour obtenir des fils prêts à être tissés ou utilisés en bonneterie. La filature de Bonlez était principalement dédiée au travail et au filage du lin, une culture particulièrement importante dans la vallée du Train et du Glabais. Le lin brut provenait des exploitations agricoles environnantes (Bonlez, Corroy-le-Grand, Gistoux). Plus tard au XIXᵉ siècle, l'arrivée des transports locaux (notamment le vicinal) facilitait l'acheminement de la fibre vers les ateliers de peignage et de filage de la vallée
Une main d’œuvre surtout locale
La filature occupait une part importante de la population de Bonlez et des villages environnants (Dion, Chaumont, Grez). C'était l'un des principaux employeurs séculiers de la vallée. L'effectif (comptant généralement plusieurs dizaines de personnes selon les périodes de commande) comportait une part importante de femmes et de jeunes ouvriers, particulièrement recherchés pour la manutention fine et le rattrapage des fils brisés sur les métiers. On y trouvait outre des trieurs, des peigneurs, cardeurs, fileuses et mécaniciens d'entretien de la machine à vapeur. La main-d'œuvre féminine y était nombreuse pour le maniement délicat des broches et des métiers à filer.
Un horaire calqué sur l’usage du sifflet
Le rythme de vie du village était calqué sur les horaires de la filature : démarrage au sifflet de la vapeur, journées de 10 à 12 heures aux périodes de forte activité, dans un environnement marqué par le bruit des métiers et la poussière textile.
De la filature à « L'Auberge des Étangs »
Face à la concurrence des grands centres textiles industriels, la filature a cessé ses activités industrielles au cours de la première moitié du XXᵉ siècle.
Après la fermeture, le site et ses dépendances ont été rachetés par la famille Monulet. L'ancien complexe industriel a été reconverti en un lieu de villégiature et de loisirs célèbre dans la région : l'Auberge des Étangs (avec piscine-solarium, court de tennis, étangs de pêche et restaurant)
Sources : Cercle d'Histoire de Chaumont-Gistoux :
La linière de Gistoux et la filature de Bonlez, par F. Cornet et Ch. Van Craenenbroeck (Bulletin n° 8, p. 21).
Les industries à Bonlez depuis le XVIIᵉ siècle, par L. Dellisse (Bulletin n° 20, p. 3).
Notice de Tarlier & Wauters : Mentionne le rôle économique des cours d'eau et moulins de la commune de Bonlez dans le canton de Wavre au XIXᵉ siècle.