LA BUTTE DE TOURINNES-LA-GROSSE
Contrairement aux croyances naguère répandues et qui refont parfois surface au gré de l’imagination de quelques auteurs farfelus, l’emplacement d’une église ne dépend pas d’un signe prodigieux ou d’une absence de choix. Il est parfaitement admis aujourd’hui que « site » et « silhouette » d’un bâtiment sont caractéristiques et ne sont jamais le fruit du hasard. L’emplacement d’un pareil édifice est retenu d’abord et avant tout pour des raisons concrètes dont la nature est très variable mais qui ont en commun un attachement viscéral aux sites très anciennement occupés.
C’est assurément le cas pour la situation de l’église de Tourinnes, sur un des points les plus hauts de la localité, en accord avec la vieille habitude qu’ont les êtres humains d’implanter leur lieu de culte et d’inhumation sur un sommet, entre ciel et terre.
Accrochée à la colline, elle commande le village qu’elle chapeaute comme pour mieux souligner sa fonction primordiale. Ce devait être encore plus évident au Moyen Âge, lorsque l’église jouait un rôle essentiel dans la vie communautaire. Son impact visuel était important et a dû constituer un point de référence privilégié. Cette prise de vue montre que certaines toitures couvertes de tuiles ont leurs extrémités nappées d’une couleur blanchâtre. À l’époque, les rives et le faîte des toitures étaient recouvertes par un mortier de chaux. Cette méthode traditionnelle avait pour objectif d’empêcher l'eau de s'infiltrer dans les combles et de protéger le mortier du gel.
Carte postale antérieure à 1939 (coll. privée).
(texte et ill. M. Bertrand)