LE MARECHAL FERRANT
LE MARÉCHAL-FERRANT
Patron : Saint Éloi, patron des maréchaux-ferrants.
Depuis que l'homme vit en compagnie du cheval, le maréchal-ferrant exerce son art. Il a longtemps été présent dans chaque ville et dans chaque village. Sachant qu'il ferrait les chevaux, mais aussi les ânes, les mulets et les bœufs de trait, et que chaque village pouvait en compter plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines selon les régions, on imagine combien le métier était développé.
Il était particulièrement important dans les régions de grandes cultures, où les animaux de trait étaient indispensables aux travaux agricoles. Plus tard, avec le développement des diligences, des messageries, des omnibus et des transports hippomobiles, le métier prit également une grande importance dans les villes.
Le maréchal-ferrant était alors un artisan indispensable à la vie quotidienne. Il assurait la ferrure et l'entretien des pieds des animaux, mais son rôle ne se limitait pas au travail du sabot : il était également soigneur. Il intervenait pour certaines blessures, les affections des pieds et diverses maladies courantes. Dans les campagnes, il était souvent l'un des rares hommes à posséder les connaissances nécessaires pour soigner les animaux de travail.
AUTOUR DE LA MARÉCHALERIE
L'enseigne :
Typique de ce métier, l'enseigne du maréchal-ferrant, telle une rosace, est souvent constituée de différents fers soudés ou assemblés en rond pour former ce que l'on appelle le « bouquet de Saint Éloi ».
Typique de ce métier, l'enseigne du maréchal-ferrant, telle une rosace, est souvent constituée de différents fers soudés ou assemblés en rond pour former ce que l'on appelle le « bouquet de Saint Éloi ».
Le fer à cheval est également devenu un symbole associé au métier. Accroché à la porte de la forge ou de l'atelier, il permettait d'identifier le maréchal-ferrant dans le village.
Le travail :
Le plus souvent, le ferrage s'effectue librement avec un animal docile. Pour les animaux plus difficiles ou plus nerveux, le maréchal-ferrant utilise le travail, aussi appelé travail à ferrer. Sans constituer réellement un outil, le travail est un bâti dans lequel le cheval est immobilisé à l'aide de sangles. Il permet au maréchal-ferrant de travailler en sécurité, aussi bien pour lui-même que pour l'animal.
Le plus souvent, le ferrage s'effectue librement avec un animal docile. Pour les animaux plus difficiles ou plus nerveux, le maréchal-ferrant utilise le travail, aussi appelé travail à ferrer. Sans constituer réellement un outil, le travail est un bâti dans lequel le cheval est immobilisé à l'aide de sangles. Il permet au maréchal-ferrant de travailler en sécurité, aussi bien pour lui-même que pour l'animal.
Le maréchal-ferrant doit également observer l'animal : sa démarche, ses aplombs et l'état de ses pieds. Ces observations lui permettent d'adapter le parage et la ferrure à chaque animal et de déceler d'éventuelles anomalies.
LES ANIMAUX
Le travail du maréchal-ferrant ne se limitait pas au cheval. Il intervenait également auprès des ânes, des mulets et des bœufs de trait, très présents autrefois dans les campagnes.
L'âne et le mulet étaient utilisés pour le transport des marchandises et les travaux agricoles, notamment dans les régions montagneuses ou difficiles d'accès. Leurs pieds étaient parés et ferrés avec des fers adaptés à leur morphologie et à leur utilisation.
Le bœuf de trait, avant la généralisation du tracteur, occupait une place importante dans les travaux agricoles. Ses pieds étant constitués de deux onglons, sa ferrure était différente de celle du cheval. Des fers spécifiques, souvent composés de deux parties, étaient fixés sur les onglons pour protéger les pieds lors des travaux sur des sols durs ou pierreux.
Le maréchal-ferrant pouvait également intervenir pour soigner ces animaux : blessures, boiteries, problèmes de pieds ou autres affections liées à leur travail. Son expérience lui permettait de reconnaître les signes de fatigue, de douleur ou de maladie et d'apporter les premiers soins.
LES OUTILS
Le premier travail consiste à enlever l'ancien fer. Pour cela, le maréchal-ferrant utilise les tricoises, sortes de tenailles à longs manches permettant d'arracher les clous et de retirer le fer.
Ensuite, l'excédent de corne est enlevé avec le boutoir et le rogne-pied, outils formés d'une lame, en s'aidant de la mailloche, qui est le marteau typique du maréchal-ferrant, également appelé brochoir ou marteau à ferrer.
Pour terminer le parage du sabot, le dessous est nettoyé avec la rainette et les côtés sont limés avec la râpe. Le maréchal-ferrant donne alors au pied une forme correcte et équilibrée.
Pendant ce temps, le fer chauffe dans la forge. Il est à la bonne température lorsqu'il devient d'un rouge soutenu. Le maréchal-ferrant peut alors l'ajuster sur le sabot. Cette opération, appelée ferrage à chaud, dégage l'odeur caractéristique de la corne brûlée.
Le fer est ensuite mis en place et broché avec des clous à tête carrée. Il faut les enfoncer avec précision afin de ne pas blesser le cheval. Les pointes qui dépassent sont coupées et la partie restante est rabattue dans la corne. Un dernier coup de râpe permet de terminer le travail.
Il faut compter environ 20 minutes par fer, selon l'animal et la nature du travail à effectuer. Une fois l'ouvrage terminé, le maréchal-ferrant regarde toujours le cheval partir afin de s'assurer que sa démarche est correcte.
LA FORGE
La forge occupe une place centrale dans l'atelier. Elle permet de chauffer les fers afin de pouvoir les travailler et leur donner la forme correspondant au pied de l'animal.
Le fer chauffé est façonné sur l'enclume à l'aide du marteau et des pinces. Le maréchal-ferrant doit savoir l'étirer, le cintrer, le percer et l'ajuster avec précision.
Son métier repose donc sur plusieurs savoir-faire complémentaires : la connaissance de l'animal, l'observation de son pied, la maîtrise du travail du fer, mais aussi la connaissance des soins nécessaires aux animaux dont il a la charge.
AU FIL DU TEMPS
La ferrure des animaux de trait se développe au Moyen Âge, notamment aux Xe et XIe siècles. Dans les écuries royales et seigneuriales, le métier est alors étroitement lié à l'entretien des chevaux de guerre et de transport.
Le terme de maréchal-ferrant apparaît au XIIe siècle. Pendant des siècles, le métier se transmet de génération en génération. Le maréchal-ferrant est alors à la fois artisan, spécialiste de la ferrure et soigneur.
Ses connaissances ne concernent pas seulement les pieds. Il doit savoir reconnaître les défauts des chevaux, les signes de maladie et les blessures. Il pratique certains soins et connaît les remèdes et traitements utilisés à son époque, notamment la saignée ou la purgation.
Un écuyer du Roi donnait ainsi cette définition du métier :
« Le parfait maréchal qui enseigne à connaître la beauté, la bonté et les défauts des chevaux, les causes et les signes de maladies, les moyens de les prévenir, le bon et le mauvais usage de la purgation et de la saignée, la ferrure sur les dessins des fers qui rétabliront les méchants pieds et conserveront les bons. »
Dans les campagnes, les écuries et les armées, le maréchal-ferrant occupe ainsi une place essentielle auprès des animaux de travail.
Avec la création des écoles vétérinaires, notamment celle d'Alfort en 1766, puis le développement de la médecine vétérinaire au XIXe siècle, les soins aux animaux deviennent progressivement une profession spécialisée. Le maréchal-ferrant conserve cependant un rôle essentiel dans tout ce qui concerne le pied, le parage et la ferrure.
LA TRANSFORMATION DU MÉTIER
À partir de la fin du XIXe siècle et surtout au cours du XXe siècle, la mécanisation transforme profondément le métier.
La généralisation du tracteur, de l'automobile et des machines agricoles entraîne la disparition progressive des chevaux et des bœufs utilisés pour les travaux des champs et le transport. Les maréchaux-ferrants deviennent alors moins nombreux dans les villages.
Le métier ne disparaît cependant pas. Le cheval reste présent dans l'équitation, les courses, le sport et les loisirs, et les besoins en ferrure demeurent.
Le maréchal-ferrant adapte donc son activité à ces nouveaux usages. Aujourd'hui, il intervient principalement auprès des chevaux pour assurer l'entretien des pieds, le parage et la ferrure, en fonction de l'animal, de son activité et des terrains qu'il fréquente.
Si le maréchal-ferrant traditionnel a presque disparu des villages avec les animaux de trait, son savoir-faire demeure aujourd'hui un métier spécialisé du monde du cheval. Certains de ses gestes, de ses outils et de ses traditions de forge témoignent encore de l'importance qu'occupait autrefois le cheval dans la vie quotidienne.
Article paru sur la revue Le Pays des Hautes Rivières
auteur Jean-Yves