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L'école d'autrefois

Pour enseigner l’orthographe, au début du XIXe siècle, les maîtres pratiquaient la « cacographie » : ils faisaient corriger par leurs élèves des textes pleins de fautes. Vers 1850, cette méthode a été abandonnée au profit de la dictée
Les instituteurs avaient aussi, au début du XIXesiècle, leur guerre à mener, mais leur ennemi était l’ignorance. Car, comme le disait l’homme politique Jules Simon, « Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple, s’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain.
Merci pour la récré
Au début du XIXe siècle, il n’y a pas de récréation. Les élèves font de courtes pauses en plein cours. Ils prennent une planchette de bois sur le bureau du maître avant de s’absenter, et la reposent à leur retour. Ainsi, un seul élève peut sortir à la fois. Mais en 1866, dans l’esprit hygiéniste du temps, le ministre de l’Instruction Victor Duruy préconise des interruptions de dix à quinze minutes par demi-journée, pour lutter contre « l’immobilité du corps et la fatigue de l’esprit ». Les lois Ferry de 1881-1882 baptisent cette pause « récréation ». Et les jeux s’y répètent de génération en génération.
(Ectrait de BVie et Métiers d'autrefois )
Les bons points
Le bon point, inventé au début du XIXesiècle, est distribué par le maître ou la maîtresse pour récompenser un exercice réussi, une récitation parfaite,etc. En échange de dix bons points, l’élève modèle reçoit une image (représentant une scène de l’histoire de France, un beau paysage…). Et contre dix images, il a droit à un livre. Mais le bon point sert aussi à « rembourser » les bêtises : en cas de bavardage, l’élève rend à la maîtresse un de ses bons points, et il est quitte ! Ce système de gratifications tombe peu à peu en désuétude après Mai 68
Le certificat d’études
Dans les années 1900, pour la plupart des élèves, l’école s’arrêtait à 13ans et se concluait par une examen redouté : le certificat d’études primaires. Créé en 1866, il comportait des épreuves d’écriture, de lecture, d’histoire et géographie, de calcul mental, ainsi qu’un test de« sciences appliquées » : par exemple, les garçons planchaient sur un problème de mécanique, et les filles sur une question de repassage… Le père du certificat, le ministre Victor Duruy, souhaitait qu’il constitue un moment solennel dans la vie des écoliers. Une cérémonie accompagnait la remise du diplôme, et la liste des lauréats était publiée dans le journal local. Hélas, une matière, l’orthographe, gâchait souvent la fête. Ses critères impitoyables cinq fautes et on était éliminé firent du certif un examen plus élitiste que prévu. En 1900, seul un quart des élèves ont obtenu le sésame, et avant la Seconde Guerre mondiale, à peine une moitié. Au début des années 1960, avec l’allongement de la scolarité, le terrible certif est tombé aux oubliettes. Mais il ne sera supprimé qu’en 1989.
C’est l’heure de la cantoche
Pour inciter les parents nécessiteux à scolariser leurs enfants, Émile Depasse, maire de Lannion (Côtes-d’Armor), crée en 1844 la première cantine scolaire de France. D’autres maires l’imitent, et même Victor Hugo, qui finance en 1862 la demi-pension de l’île de Guernesey. En 1938, la France compte près de 9 000 cantines scolaires. Au menu ? Potage, pommes de terre, viande une fois par semaine et… petite mousse ! Bière, cidre et vin sont en effet distribués aux écoliers jusqu’en 1956, où une circulaire interdit l’alcool aux moins de 14 ans.

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