CONNAISSEZ-VOUS LE TOURNESOL
Ayant la caractéristique de toujours de tourner vers le soleil, le tournesol est un symbole de dévouement, et il est identifié avec la fleur en laquelle Clytia est métamorphosée dans les Métamorphoses d'Ovide, IV, 190-270.
Clytia est une des filles aimées du dieu du Soleil Apollon, dans la mythologie, mais celui-ci semble la dédaigner et tourne son amour vers Leucothoé, fille du roi babylonien Orchamos. Par un subterfuge, il réussit à s’introduire auprès d’elle et la séduit.
Blessée dans son amour propre et poussée par la jalousie, Clytia dénonce à Orchamos la liaison de sa fille, que le roi, saisi de fureur fait ensevelir vivante. Apollon essaie de la secourir, mais en vain, et il arrose la terre et le corps de son amante d’un nectar parfumé : il en naît l’encens.
De son côté Clytia, désespérée de son sort, passe ses jours à suivre du regard la course du char de son dieu-bien aimé jusqu’à ce que, consumée par la douleur, elle soit métamorphosée en une fleur qui a pour propriété de se tourner toujours vers le soleil.
Ovide ne précise pas de quelle espèce de fleur il s’agit, se bornant à indiquer qu’elle est de couleur violette, identifiée tantôt avec l’héliotrope, tantôt avec le souci.
Le tournesol était inconnu dans l’Antiquité, puisqu’il a été rapporté des Amériques au XVIe siècle par les Espagnols.
On trouvait la fleur cultivée au début du XVIIIe siècle en France dans le Languedoc, en particulier à Massilargues et Lunel aux environs de Nîmes. La sommité était recueillie pour faire de la « teinture en drapeau », chiffons imprégnés de teinture qui furent ensuite exportés à Lyon, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre pour donner une jolie teinte au vin.
Ce ne sont donc que des peintres baroques qui illustrent le mythe de Clytia, en faisant de la fleur d’Ovide un tournesol, lequel s’est ainsi trouvé chargé d’une signification de dévouement inconditionnel.
(ext Entre médiéval et renaissance FB)