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LES PERLES A LA RENAISSANCE

 
Perles rondes ou perles "baroques" ?
Les perles étaient appréciées pour la régularité de leur forme et de leur couleur, et assemblées le plus régulièrement possible : sphériques et lumineuses, elles symbolisent la perfection, la pureté.
Mais au cours du XVIe siècle, alors que l’on cherchait le visage le plus imprévisible de la Nature à travers ses productions les plus étranges, l’on s’intéressa aussi aux perles irrégulières, dites « baroques ». Elles croissent dans la partie la plus ferme du muscle du mollusque à la différence des perles rondes qui se développent dans son manteau.
 
PAREIDOLIE
Leurs formes boursouflées inspirent l’orfèvre qui voit là le corps d’un oiseau ou d’un agneau, le torse d’un monstre marin ou toute autre forme éveillée dans sa fantaisie, comme dans les nuages ou les galets où nous jouons à reconnaître toutes sortes de figures. Ce processus se nomme « pareidolie », mot qui dissimule en fait, l’un des plus puissants ressorts du plaisir des arts visuels. Il n’est bien sûr pas propre au XVIe siècle, même s’il a aidé à donner corps à ces divagations dans les bijoux : une perle irrégulière décrite en 1272 dans le trésor d’Henry III d’Angleterre, est dite « à la manière d’une image ». L’expression que nous traduisons très librement est « a modum camahuti », mot qui renvoie à l’ancien terme pour « camée » (gamahieu), et qui désignait aussi tout objet naturel présentant une image (sens qui s’est conservé en anglais « gamahe »).
 
Ces perles bizarres sont nommées « baroques », un mot qui serait emprunté au portugais ; et l’on prétend que c’est de ce mot qu’est venu la notion « d’art baroque », lui aussi surprenant et irrégulier, que l’on a appliqué ensuite en histoire de l’art au XVIIe siècle et en partie au XVIIIe siècle.
 
En réalité, les perles irrégulières sont appelées en espagnol et en portugais : « aljofares » ou aljofres d’un terme persan transmis par l’arabe qui désigne toutes sortes de pierres précieuses (mot qui a donné aussi « jewel », « joyau »).
 
Le mot « baroque » ne semble pas venir du portugais ; il apparaît la première fois dans un inventaire de Charles Quint en 1531. Baroque est utilisé au XVIe siècle pour désigner un mélange de vrai et de faux.
 
1542, Bia de Medicis, fille de Cosme de Médicis, par le peintre italien Bronzino.
(texte et photo Entre médiéval et renaissance FB)

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