Un ensemble seigneurial et rural indissociable à M’lin.
La chapelle et la ferme de M'lin ne sont pas simplement voisines par le hasard de la géographie ; elles partagent une même origine liée aux structures seigneuriales et foncières de l'Ancien Régime dans le Brabant wallon.
La fondation seigneuriale (1460)
La chapelle Saint-Corneille a été construite en 1460 par Guillaume de Bierbeek, seigneur du lieu, et son épouse Élisabeth de Berchimont. Cet oratoire gothique initial a été édifié juste à côté de l'habitation seigneuriale de l'époque. La chapelle servait ainsi de sanctuaire de dévotion tant pour les seigneurs locaux que pour les habitants de la petite communauté rurale qui gravitait autour du domaine.
Le « Hof ter Cammen » : une métairie historique
Faisant face à la chapelle, la ferme Hof ter Cammen (parfois associée à l'ancienne seigneurie locale) est une métairie dont l’existence est formellement attestée depuis 1665.
L'architecture de la ferme : Son corps de logis à un seul niveau combine des briques sur une plinthe en moellons gréseux (le grès quartzite de la région, souvent extrait localement). Ce bâtiment a été construit et remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Sous l'Ancien Régime, la chapelle et la grande ferme formaient le cœur névralgique du hameau. Les exploitants de la métairie (les censiers) étaient historiquement les premiers gardiens et protecteurs de la chapelle. Ce sont eux qui imploraient le plus ardemment saint Corneille pour préserver les bêtes à cornes de la ferme contre les épizooties, liant la prospérité économique du Hof ter Cammen à la ferveur spirituelle de l'oratoire.
Le joyau intérieur : Max van der Linden
Le lien entre le terroir, la chapelle et son environnement s'exprime de façon magistrale à l'intérieur du sanctuaire. La chapelle abrite une œuvre en céramique du célèbre artiste local Max van der Linden (natif de Nodebais, dans la même entité de Beauvechain). Cette œuvre représente précisément... la procession de Saint-Corneille ! Créée initialement pour le pavillon du Brabant à l'Exposition Universelle de Bruxelles en 1958, l'artiste l'a ensuite offerte à la chapelle de M'lin. Elle montre de manière poétique les cavaliers, les chars et les villageois défilant dans ce paysage typique, au pied même des murs de la chapelle et des fermes environnantes.
A noter qu’en 1989, la protection officielle a englobé d'un seul tenant la chapelle, la ferme Hof ter Cammen, l'habitation voisine et les abords paysagers. C'est la reconnaissance d'un paysage historique brabançon intact, où la dévotion religieuse (la chapelle) répond directement à la vie agricole (la ferme).
Jean Flamme
(Source divers documents locaux et presse régionale et IA)