AVEC ANNE DE MARCH' EN GREZ : BALADE A DION-LE-VAL
Après ce fabuleux week-end dans les Fagnes, je vous retrouve ce dimanche 24 mai 2026, pour une balade d’environ 11 kilomètres à Dion-Le-Val, à 09.20’, Place Communale 1, 1325 Chaumont, à proximité de l'église.
Dans le creux paisible de notre Brabant wallon, Dion‑le‑Val s’étire comme un village qui aurait choisi la discrétion pour mieux laisser parler le temps. On y arrive par des routes qui descendent doucement, comme si le paysage lui-même se souvenait que le nom du lieu, jadis Dion inferior, signifiait « le Dion d’en bas », le village de la vallée.
Les maisons s’alignent sans ostentation, serrées autour de leur cœur ancien. Là, l’église Saint‑Martin, bâtie en 1837‑1838, veille avec la patience des pierres. Son clocher n’a rien de triomphal : il se contente d’être là, solide, familier, comme un voisin que l’on croise chaque matin. À l’intérieur, la lumière glisse sur les gisants du XVIᵉ siècle — Philippe de Dion et d’autres figures nobles — qui reposent là depuis des siècles, silencieux témoins des familles qui ont façonné le village : les de Dion, les Hennin‑Liétard, les t’Serclaes.
Dans ces pierres funéraires, il y a quelque chose de profondément émouvant : une présence qui ne réclame rien, mais qui rappelle que Dion‑le‑Val fut longtemps un lieu de seigneuries, de terres tenues par l’abbaye d’Aulne, de lignages enracinés dans la campagne brabançonne.
On ne s’y attend pas, dans un village si calme, mais Dion‑le‑Val porte aussi en lui un éclat d’aventure mécanique. C’est ici que plonge ses racines la famille du comte Albert de Dion, cofondateur de De Dion‑Bouton, l’une des marques pionnières de l’automobile. Un jour de 2024, une de ces anciennes voitures — élégante, presque irréelle — est revenue dans le village, comme un salut du passé industriel à son berceau rural. Une apparition qui a fait sourire les habitants : Dion‑le‑Val, village de vallée, village de pierres, village de mémoire… et pourtant lié à l’une des grandes épopées techniques du XIXᵉ siècle.
Le village a traversé les siècles sans jamais perdre son identité. Mentionné dès 987 dans un document de l’abbaye de Gembloux, il a vu passer les seigneurs, les moines, les paysans, les artisans. Il a changé d’administration — fusion avec Dion‑le‑Mont en 1970, puis intégration à Chaumont‑Gistoux en 1977 — mais pas d’âme.
Aujourd’hui encore, grâce au Cercle d’Histoire de Chaumont‑Gistoux, les habitants cultivent ce lien avec leur passé. On y raconte les vieilles familles, les fermes disparues, les chemins oubliés. On y garde vivante la mémoire d’un village qui n’a jamais cherché la grandeur, mais qui possède quelque chose de plus rare : la continuité.
Dion‑le‑Val n’est pas un village que l’on visite pour ses monuments spectaculaires. C’est un lieu que l’on ressent. Un endroit où l’histoire n’est pas un décor, mais une présence douce, diffuse, presque domestique. Un village où les siècles se sont déposés comme une fine poussière d’or sur les pierres, les chemins, les noms.
Un village qui ne raconte rien d’extraordinaire — et c’est précisément ce qui le rend précieux.
J’espère vous y retrouver nombreux.
Anne