Jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle, les cartes anciennes font apparaître de vastes étangs situés de l’autre côté de la chaussée. Ils s’étendaient, dans leur partie la plus longue, depuis l’emplacement actuel du château d’Oultremont d’Ursel jusqu’à la Gette, avec un prolongement plus étroit longeant le Gollard — qui les alimentait — jusqu’à la Cressonière. Ces étangs appartenaient à l’abbaye d’Heylissem et, selon la tradition, abritaient une créature sombre et redoutée : le « Borlau ».
Ce monstre chimérique, dont la conception se rapproche de celle de l’Hydre de Lerne ou du dragon de Wasmes, aurait autrefois vécu dans les étangs de l’abbaye, entre les sections d’Hampteau et d’Opheylissem. Lors des nuits obscures, par temps de tempête ou d’orage, ses hurlements menaçants se faisaient entendre à plusieurs lieues à la ronde. Nul ne serait parvenu à le chasser par la force ; il aurait disparu de lui-même, en même temps que les eaux des étangs se retirèrent.
Aucune donnée précise ne permet de dater le dessèchement de ces étangs. Toutefois, la configuration des lieux où le monstre était censé séjourner, le caractère marécageux du sol, une flore particulière, ainsi que les dénominations cadastrales des prairies dites « Grands Étangs » et des campagnes voisines appelées « Dessus les Étangs », ou en wallon « Dezeu les vévis », constituent autant d’indices attestant l’existence passée de viviers et de marais.
Le « Borlau », le hurleur ou le beuglard, était dit « de l’abbaye » parce que les terrains qu’il occupait relevaient des possessions de l’abbaye d’Heylissem. (Source : Armand Pellegrin - Le Folklore Brabançon, 1924)