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HELECINE : LA VILLA ROMAINE DE LA RUE DE LEAU

Le 21 juin 1960, des archéologues ont été prévenus de la découverte, en très grand nombre, de tuiles provenant d’une « ancienne maison » lors de l’extraction d’argile à briques le long de la rue de Léau. Il s’est rapidement avéré que ces tuiles provenaient en réalité d’une ancienne villa gallo-romaine. Malheureusement, les archéologues ont constaté que les fondations avaient été fortement malmenées par l’extraction et le réemploi des pierres de la villa. Par conséquent, celle-ci était mal conservée.

Nos régions ont été conquises par les Romains entre 57 et 51 av. J.-C., durant la guerre des Gaules menée par Jules César. La romanisation du territoire s’est faite progressivement, lorsque les frontières de l’Empire furent fixées au nord de la Belgique. Cette transformation s’est opérée graduellement, avec l’apparition de cités comme celle de Tirlemont, qui comprenait notamment un sanctuaire. La Hesbaye voit alors se développer, au milieu du Ier siècle après J.-C., un réseau de voies romaines, dont celle de Bavay-Cologne et ses ramifications jusqu’à Tirlemont. La rue de Léau semble faire partie de l’une de ces anciennes voies gallo-romaines, provenant de Jodoigne, et est bordée de nombreux vestiges.

L’occupation du sol correspondait sans doute déjà à un paysage ouvert, en partie défriché, comprenant des champs et des pâturages. En effet, les Celtes étaient déjà présents dans notre commune, comme l’attestent les vestiges d’un village celte à Linsmeau. Les Romains ont accéléré ce processus, car en Hesbaye, un véritable réseau de domaines agricoles est créé. L’élevage et les productions céréalières sont alors conséquents. La villa gallo-romaine de la rue de Léau a été construite dans ce contexte, probablement durant la seconde moitié du Ier siècle après J.-C.

Nos territoires deviennent alors une base arrière répondant à la demande croissante de nourriture destinée aux militaires stationnés sur le Rhin. Les habitants de la villa gallo-romaine de la rue de Léau vécurent durant une période prospère et pacifique, correspondant à l’âge d’or de l’Empire, connu sous le nom de Pax Romana. L’économie agricole s’étant fortement développée, les exploitations devinrent luxueuses, comme en témoignent les objets — parfois d’origine lointaine — et les matériaux retrouvés, décrits ci-dessous.

D’autres témoignages de cette époque reculée nous sont parvenus, notamment via des actes anciens. En effet, en plus des tumuli localisés à l’entrée du village près de l’autoroute, 7 autres tombes auraient existé le long du sentier descendant de la rue de Léau à la rue des Charrons, à proximité donc de la construction. Deux autres seraient situés à proximité de la ferme-château de Neerheylissem et du sentier d’Elsenbosch. Il ne reste aucune trace visible de ceux-ci. On peut donc conclure que la présence romaine à Hélécine était assez conséquente.

Il est difficile de dater avec certitude la période à laquelle la villa fut détruite. Elle fut probablement incendiée lors d’une période d’invasions de l’Empire romain par les tribus germaniques. Vers 172-174, une première invasion de nos régions eut lieu, mais fut repoussée. En 275, les Francs envahirent nos contrées et de nombreuses villas hesbignonnes furent incendiées, marquant ainsi le passage à une autre occupation du territoire. Il est probable que des matériaux du site de la rue de Léau aient été réutilisés durant les périodes suivantes pour d’autres constructions sur l’emprise actuelle de la commune.
La position de la villa, sur les bords de la vallée de la Petite Gette et à proximité de sources potentielles — comme l’atteste la présence de la source Saint-Sulpice — n’est pas anodine. A disponibilité immédiate de l’eau et la proximité du plateau limoneux, riche pour les cultures, permettaient de satisfaire les nécessités de la production agricole. Les ressources du sous-sol furent également exploitées. En effet, la résidence a été construite avec des matériaux locaux tels que le tuffeau (pierre jaune présente notamment à Linsmeau et Lincent).

Les objets et matériaux retrouvés témoignent du faste avec lequel les habitants ont vécu. Des traces d’hypocauste (système de chauffage central par le sol) ont été mises au jour. De même, la présence de tablettes de marbre d’origine belge démontre que la villa a été édifiée avec un certain luxe. Les nombreux déchets alimentaires, comme les coquilles d’huîtres et de moules, prouvent que les habitants ne vivaient pas dans la simple subsistance.

De nombreux objets du quotidien furent également retrouvés : assiettes, gobelets, cruches, ustensiles de cuisine, clés, etc. Certaines céramiques proviennent de sites très éloignés — parfois plus de 500 km d’Hélécine — ce qui confirme une nouvelle fois que cette villa n’était pas une habitation modeste.

Les fouilles, réalisées à la hâte dans les années 1960, n’ont toutefois pas permis de percer tous les secrets de cette villa ni de l’histoire romaine de notre commune.
 
Vous voulez en savoir plus sur l'histoire de la commune ? Le site Héléracines est accessible via ce lien :
(texte et photo Héléracines)
 
 
 
 
 
 
 
 

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