Jodoigne regorge de trésors insoupçonnés.
Parmi eux, découvrez le GISANT du Comte Winant de Glymes et de Michelle d’Ydeghem, son épouse.
Au cœur d’une église que vous connaissez peut-être — la Chapelle Notre-Dame du Marché — se cache un étonnant monument funéraire.
Discret, presque oublié, il traverse pourtant les siècles en silence.
Qui sont ces figures sculptées dans la pierre ? Quelle histoire se cache derrière ce témoignage du passé ?
Plongez avec nous dans un chapitre de notre mémoire locale…
Un gisant est un monument funéraire représentant le défunt allongé, comme endormi dans l’éternité.
Dans la chapelle Notre-Dame du Marché à Jodoigne , consacrée à la Vierge Marie en 1353, un remarquable haut-relief en pierre bleue de Meuse ( 240x 130 cm , ht 112 cm) nous montre Winand , Vicomte de Jodoigne , Seigneur de Boneffe ,…, Comte de Glymes( + 1668) et son épouse Michelle d’Ydegem.(+1671).
Leurs visages paisibles, yeux fermés, reposent sur un coussin tandis que leurs mains jointes sur la poitrine traduisent la prière et le recueillement.
Un code symbolique hérité du Moyen Âge.
Les gisants apparaissent au début du XIIe siècle en Europe et se répandent ensuite largement.
Le seigneur, vêtu de son armure, arbore une chevelure soigneusement posée sur les épaules. Son heaume est déposé à ses pieds, eux-mêmes posés sur un lion couché, symbole de courage et de noblesse.
Son épouse, élégamment vêtue d’une longue robe, repose quant à elle les pieds sur un chien couché, figure de fidélité.
Les armes de l’alliance matrimoniale sont représentées :
• accolées au-dessus des époux sous une couronne comtale à perles
• et à leurs pieds, réunies en un écu.
Sur les faces latérales du tombeau, on relève les quartiers :
• à gauche, ceux du comte : Glymes, Houtain, Houtain et Wyngaerde.
• à droite, ceux de la comtesse / Ydegem , La Vieufville, Courteville, Blondel.
Enfin, une inscription est gravée sur le biseau supérieur de la dalle (1).
Un monument au parcours mouvementé...
Tel qu’il est visible aujourd’hui dans l’espace de l’ancienne sacristie, spécialement aménagé à cet effet, le mausolée a connu plusieurs déplacements.
Les anciens actes de décès situent ,à l’origine ,le caveau familial dans le chœur de la chapelle Notre-Dame du Marché.
En 1813, à la suite de l’inhumation clandestine d’Henri de Glymes dans la chapelle, le monument est transféré au cimetière Saint-Médard, derrière le chœur de l’église, où il reste jusqu’en 1889.
À cette date, après restauration, il est replacé dans la nef, avant le banc de communion.
Une tradition artistique fidèle au Moyen Âge
Ce monument funéraire reproduit fidèlement les formes des gisants médiévaux et en reprend toutes les caractéristiques.
Cette représentation du défunt, empreinte de sérénité, de pureté et de spiritualité, s’est perpétuée grâce au traditionalisme des ateliers de tombiers aux XIVe, XVe et XVIe siècles, même si d’autres formes d’art funéraire apparaissaient parallèlement.
Un témoignage émouvant de l’art funéraire, où chaque détail raconte une histoire… jusque dans les déplacements du monument lui-même.
N’hésitez pas à venir le découvrir par vous-même lorsque l’église est ouverte !
Et si vous souhaitez en savoir plus , notre local au Château Pastur vous est ouvert !
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Envie d’aller plus loin ? Découvrez ces livres
-Les Gisants en Brabant Wallon -Hadrien Kockerols- Les Editions Namuroises -2010
-La Chapelle Notre-Dame du Marché- M.Verdickt et B.Van Den Driessche-2017
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(1) Texte de l’inscription : ICY GISENT TRES NOBLE ET TRES ILLUSTRE SEIGNEUR MESSIRE WYNAND ,COMTE DE GLYMES ET DE HOLLEBECK ET DU ST EMPIRE , VISCOMTE ET/SrDE LA VILLE DE JODOIGNE , VISCOMTE DE NEDERMERS, Sr DE METEREN , DE /MORBECK EN HASBROUCQ, JODOIGNE LA SOUVERAINE , BONEFFE Etca LEQUEL MouRUT LE 8e de 7bre 1668 ET TRES NOBLE ET TRES ILLUSTRE DAME MADAME MICHELLE DE YEDEGHEM , COMTESSE DE GLYMES SON ESPOUZE DAME DE BOOST Etca, LAQUELLE MOURUT LE 31 MAY 1671 PRIE DIEU POUR LEURS AMES.
(Texte et photo du Cercle d'Histoire de Jodoigne, membre de l'ECHARP)