Et si Jodoigne vous racontait une page de son passé… à travers la bière ?
Saviez-vous que notre ancien Hôtel de Ville ( dit Hôtel des Libertés) sur la Grand Place doit en partie son existence à.. la bière ?
À Jodoigne, le brassage n’était pas un simple métier.
C’était une richesse. Une fierté. Un moteur pour la Ville.
Jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, l’activité brassicole y était florissante.
Vers 1900, la Belgique comptait plus de 3 000 brasseries… et Jodoigne y tenait une place de choix.
Mais revenons au 17ème siècle…
En 1678, le magistrat de Jodoigne instaura avec l’accord du Conseil de Brabant «l’impôt du liard au pot».
Impopulaire, cette taxe de 50 sous sur chaque bière «débitée par pot et à la menue main» permis en outre en 1731 de garantir les emprunts faits pour la construction de l’Hôtel de Ville en 1733 sur la Grand Place.(1)
Le long de la Grande Ghète et du ruisseau Saint-Jean, les brasseries artisanales se multipliaient utilisant l’eau des cours d’eau.
Leurs cuivres brillaient.
Leurs caves regorgeaient de tonneaux.
Mêlée, blanche, brune, grisette…
Vendues en tonne (100L), tonne et demi, tonneau (200L)…
Ces précieux breuvages animaient estaminets et foyers.
Parmi les principales brasseries Jodoignoise au 19 ème siècle , citons notamment :
– La Brasserie Palange, fondée en 1857, rue de Piétrain.
– La Brasserie Barette, établie en 1867, rue du Bosquet et chemin des Étangs.
– La Brasserie Becquevort, installée rue des Fabriques en 1868.
– La Brasserie Borlée, en 1869, rue Saint-Jean.
– La Brasserie Botson, en 1870, au Gailleroux.
– La Brasserie Evrard, en 1872, rue des Brasseurs.
– La Brasserie Defrenne, en 1874, rue de la Fontaine.
– La Brasserie Genotte, en 1876, place Saint-Lambert.
– La Brasserie Heurion, en 1877, rue du Stampia
et bien d’autres.. ainsi que la brasserie Streel-Conard à Jodoigne-Souveraine, Coenen à (Zétrud-)Lumay , Vaneberg à Saint-Jean-Geest, Delsart à Dongelberg, etc. .
Puis survint le déclin.
La guerre porta un coup fatal : entre 1914 et 1918, les Allemands réquisitionnèrent les cuivres, amputant les brasseries de leurs installations essentielles. Dans le même temps, la montée en puissance des grandes brasseries industrielles accentua la pression économique.
Fragilisées, privées de moyens et d’élan, elles s’éteignirent progressivement, jusqu’à disparaître presque totalement entre 1918 et 1940.
Certaines traces sont encore bien visibles aujourd’hui : des rues portent toujours le souvenir de cette époque prospère, comme la rue des Brasseurs, rappel discret mais évocateur d’un passé où le malt et le houblon rythmaient la vie locale.
Mais leur histoire, elle, coule encore dans les veines de Jodoigne….
Vous souhaitez en savoir plus ? Compulser ces livres ? On vous attend dans notre local au Château Pastur, sous la Bibliothèque !
sources :
1-Hanon de Louvet-Histoire de la Ville de Jodoigne-1942
2-La brasserie Palange-Jean Palange-Edition Cercle Historique Jodoigne - 1988
3-La vie quotidienne à l’ombre du Bey-Edition Cercle Historique Jodoigne- 2005-JP Crevecoeur
(texte et photo Cercle Historique de Jodoigne )