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LA NAISSANCE DE JUMEAUX AU MOYEN-ÂGE

"Rebecca se repose après la naissance des jumeaux Esaü et Jacob".
Miniature d'une "Bible Historique" composée à Paris vers 1325. Bibliothèque Bodleian, Oxford, Angleterre.
 
Au Moyen Âge, la naissance de jumeaux était généralement perçue comme un signe extraordinaire, parfois miraculeux, parfois menaçant, selon le contexte religieux, social et symbolique. Les médecins médiévaux tentaient d’expliquer le phénomène par la théorie humorale, tandis que le peuple y voyait souvent un présage.
 
Les médecins du Moyen Âge s’appuyaient sur l’héritage gréco‑arabe (Hippocrate, Galien, Avicenne).
Ils pensaient que les jumeaux résultaient d’un excès de semence ou d’une division imparfaite du fœtus.
La théorie dominante était celle de la double conception : deux conceptions successives lors d’un même acte sexuel.
Les jumeaux étaient souvent classés selon leur sexe :
Deux garçons : signe de vigueur.
Deux filles : signe de faiblesse.
Garçon + fille : considéré comme problématique, parfois comme un « monstre double » (au sens médiéval : phénomène naturel extraordinaire).
 
Les traités médicaux ne condamnent pas la gémellité, mais la considèrent comme une anomalie de la nature, pas comme un état normal.
Croyances populaires : entre présage et inquiétude
Dans les mentalités populaires, la naissance de jumeaux pouvait être un bon présage ; Dans certaines régions, les jumeaux étaient vus comme favorisés par Dieu. On croyait parfois qu’ils apportaient prospérité ou fertilité à la famille.
 
Plus fréquent dans les sources : un mauvais présage :
  • Les jumeaux pouvaient être associés à la sorcellerie, au diable, ou à un adultère (on imaginait deux pères différents).
  • On soupçonnait parfois la mère d’avoir eu un comportement sexuel « excessif ».
  • Dans certains récits, les jumeaux étaient vus comme un signe de désordre cosmique ou de colère divine.
Cas extrêmes :
Dans quelques régions d’Europe du Nord ou de l’Est, des chroniques évoquent des jumeaux abandonnés ou cachés, des mères accusées de sorcellerie. Ces cas restent minoritaires mais montrent la charge symbolique forte.
 
Cas particuliers : les « monstres » et les siamois
Les jumeaux siamois étaient classés dans la catégorie des monstra, c’est‑à‑dire des phénomènes naturels extraordinaires servant de signes divins. Ils étaient décrits dans les chroniques, parfois exhibés. Leur naissance était presque toujours interprétée comme un avertissement divin.
(Source Entre médiéval et renaissance FB)

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